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Le Chef Décorateur

- interview du Chef Décorateur
    
François Decaux
     source : France 2 - 2002
 


Quel a été votre parcours ?

F.Decaux
"Je travaille dans la déco depuis une quinzaine d'années, surtout au cinéma. J'ai été assistant-déco sur une quinzaine de longs-métrages, dont les derniers films de Bertrand Tavernier, La classe de neige de Claude Miller, Le pacte des loups de Christophe Gans… J'avais déjà été chef-déco sur trois téléfilms, mais je n'avais encore jamais travaillé sur une série…"
 


En quoi a consisté votre travail sur la série ?

F.Decaux
"Une fois dépassées les conditions financières difficiles, reste le challenge, l'excitation d'arriver tout de même à un résultat satisfaisant pour soi-même et pour les autres, spectateurs et commanditaires.
Une émulation certaine s'est mise en place dès les premiers jours, chacun, à l'image, à la régie , à la déco, cherchant les idées et les moyens d'arriver au but. Le désir de la production était de proposer une série sortant des normes "sitcom". Mais devait-on partir dans des directions vraiment très réalistes ou jouer avec des couleurs et des ambiances plus convenues ? Finalement, le choix, basé sur divers repérages dans des cités universitaires existantes, a été de prendre pour modèle une cité U pas vraiment délabrée, mais en assez mauvais état.
Pour la décoration, nous avons dû, en peu de temps, remodeler l'ancienne maison de retraite qui nous servait de décor, notamment découper un mur de béton au laser, construire des chappes de ciment et des cloisons, afin de créer des volumes indispensables à l'action, tout en étant réalistes. Le fait de tourner en vidéo numérique nous a parfois posé de gros soucis dans le choix des couleurs de tissus qui, selon leur matière, font plus ou moins vibrer l'image de façon désagréable (ce qu'on appelle "effet cross-colour").

 


Que reste-t-il d'une expérience comme celle-ci ?

F.Decaux
"Un peu l'impression d'être passé dans une essoreuse, le pari de réaliser (quasiment) un épisode de 26 minutes par jour impliquant obligatoirement un énorme investissement des individus.
Ne connaissant pas bien les normes de la télévision, j'ai craint parfois d'aller trop loin dans certaines directions (par exemple le choix des couleurs, des patines…), mais l'expérience m'a convaincu qu'il ne fallait pas hésiter à suivre son instinct.
Il reste avant tout le souvenir d'un esprit d'équipe étonnant et rare et d'une bonne humeur constante.
Bizarrement, Age sensible est devenu une expérience enrichissante, sans doute en raison des exigences de la demande."
 

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