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Quel a été
votre parcours ?
F.Decaux
"Je
travaille dans la déco depuis une quinzaine d'années,
surtout au cinéma. J'ai été assistant-déco sur une
quinzaine de longs-métrages, dont les derniers films de
Bertrand Tavernier, La classe de neige de Claude Miller,
Le pacte des loups de Christophe Gans… J'avais déjà
été chef-déco sur trois téléfilms, mais je n'avais
encore jamais travaillé sur une série…"
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En
quoi a consisté votre travail sur la série ?
F.Decaux
"Une fois
dépassées les conditions financières difficiles,
reste le challenge, l'excitation d'arriver tout de même
à un résultat satisfaisant pour soi-même et pour les
autres, spectateurs et commanditaires.
Une émulation certaine s'est mise en place dès les
premiers jours, chacun, à l'image, à la régie , à la
déco, cherchant les idées et les moyens d'arriver au
but. Le désir de la production était de proposer une série
sortant des normes "sitcom". Mais devait-on
partir dans des directions vraiment très réalistes ou
jouer avec des couleurs et des ambiances plus convenues
? Finalement, le choix, basé sur divers repérages dans
des cités universitaires existantes, a été de prendre
pour modèle une cité U pas vraiment délabrée, mais
en assez mauvais état.
Pour la décoration, nous avons dû, en peu de temps,
remodeler l'ancienne maison de retraite qui nous servait
de décor, notamment découper un mur de béton au
laser, construire des chappes de ciment et des cloisons,
afin de créer des volumes indispensables à l'action,
tout en étant réalistes. Le fait de tourner en vidéo
numérique nous a parfois posé de gros soucis dans le
choix des couleurs de tissus qui, selon leur matière,
font plus ou moins vibrer l'image de façon désagréable
(ce qu'on appelle "effet cross-colour").
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Que
reste-t-il d'une expérience comme celle-ci ?
F.Decaux
"Un peu
l'impression d'être passé dans une essoreuse, le pari
de réaliser (quasiment) un épisode de 26 minutes par
jour impliquant obligatoirement un énorme
investissement des individus.
Ne connaissant pas bien les normes de la télévision,
j'ai craint parfois d'aller trop loin dans certaines
directions (par exemple le choix des couleurs, des
patines…), mais l'expérience m'a convaincu qu'il ne
fallait pas hésiter à suivre son instinct.
Il reste avant tout le souvenir d'un esprit d'équipe étonnant
et rare et d'une bonne humeur constante.
Bizarrement, Age sensible est devenu une expérience
enrichissante, sans doute en raison des exigences de la
demande."
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