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Les Réalisateurs

- interview des réalisateurs
    
Gilles Bannier - Gabriel Boyer - Fabrice Gobert
     source : France 2 - 2002
 


Quel a été votre parcours ? Aviez-vous déjà travaillé sur des séries de 26 minutes ?

G. Bannier
"Après avoir été longtemps assistant-réalisateur, pour le cinéma et pour la télévision, je suis progressivement devenu réalisateur au fil de commandes ou de projets plus personnels. Je n'avais jamais réalisé de 26 minutes pour la télévision, mais je m'étais déjà attaqué à des 13 minutes à l'occasion d'une série intitulée Les Zèbres pour La Cinquième."

F. Gobert
"J'ai collaboré à différentes émissions "jeunesse" sur France 2 (Rince ta Baignoire, KD2A,…) en écrivant et réalisant des fictions de deux à trois minutes. J'ai aussi réalisé un court-métrage, Camille, qui durait huit minutes et que j'avais tourné en trois jours. Les vingt minutes par jour d'Age sensible ont donc été une vraie nouveauté pour moi !"

G. Boyer
"Je viens du court-métrage et de la publicité, et moi non plus, je n'avais jamais réalisé de 26 minutes avant Age sensible."
 


En quoi a consisté votre travail ?

G. Bannier
"Principalement à répondre à la question : "Comment réussir à tourner 4 épisodes de 26 minutes en 5 jours ?". Il a fallu définir la priorité principale et arrondir les angles de tout ce qui n'en relevait pas."

F. Gobert
"En fait, il s'agissait de profiter de l'incroyable énergie et du talent des comédiens pour faire vivre des personnages complexes, donc passionnants, issus de scénarios fort bien construits."

G. Boyer
"Le style de la série a découlé de cette priorité : pas de mise en scène trop tapageuse, pas d'esthétique non justifiée, pas de choix artistiques longs et coûteux qui auraient réduit le temps déjà très court à consacrer aux acteurs."
 


Il fallait aller à l'essentiel...

G. Boyer
"Oui, nous avons dû tous réfléchir ensemble : acteurs, techniciens, production, pour trouver des idées qui nous permettraient de tourner rapidement tout en conservant une certaine exigence."

F. Gobert
"Il a fallu aussi mettre de côté la frustration - celle de l'équipe et la nôtre - parfois très grande, de ne pas aller jusqu'au bout d'une scène, faute de temps."

G. Boyer
"Nous avons donc essayé de faire un atout de toutes ces contraintes..."

G. Bannier
"... et tout cela a créé une entente profonde entre les différentes équipes qui a permis de s'engager comme je l'avais rarement observé lors d'une production de télévision. Des débats passionnés, parfois homériques, des tentatives inédites sur le plan artistique et organisationnel, des engueulades mémorables suivies de réconciliations qui l'étaient tout autant, un esprit solidaire, un plaisir d'avancer ensemble : tel fût notre quotidien pendant ces quelques mois. Le rythme s'est progressivement installé, c'est en travaillant et répétant lors de journées quasi-doubles que nous sommes parvenus ensemble à faire aboutir la série."
 


Qu'est-ce que cette expérience a pu vous apporter ?

F. Gobert
"Beaucoup de bonheur. Pour les rencontres et l'ambiance incroyable sur le tournage et en dehors. Pour la satisfaction d'avoir tenté (sur certains aspects réussi) de relever le défi de produire une série d'assez bonne qualité malgré les contraintes imposées. Elle m'a également appris à prendre des décisions très rapidement, à travailler avec la pression du chronomètre en ayant parfois l'impression de ne pas avoir le droit à l'erreur. J'ai pû tenter des choses, explorer une manière de filmer et de monter différente, avoir une relation de travail avec des comédiens sur une longue durée."

G. Boyer
"Nous avons travaillé de façon positive sous tension permanente et, finalement, le stress lié aux conditions du tournage a été bénéfique : il nous a poussé à être plus ingénieux et à aller de l'avant."

G. Bannier
"Cette expérience m'a de nouveau permis de remettre en question mes acquis, m'a démontré que l'on pouvait s'investir de la même façon sur un projet de télévision ou de cinéma, de fiction ou de documentaire. Elle a aboli les frontières qui cloisonnent souvent les différents champs d'action de la fiction en France. J'ai pu aussi constater que la confiance accordée aux réalisateurs dès la préparation était indispensable, même si ça ressemble à une Lapalissade."
 

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