|
Décrit
comme le “futur du cinéma américain” par le cinéaste Werner
Herzog, Harmony Korine a grandi depuis l’écriture de Kids
et il est devenu un des réalisateurs indépendants les plus
controversés.
Harmony
Korine nait en 1974 à Bolinas (Californie). Il est le fils du réalisateur
de documentaire Sol Korine. Il a 5 ans quand sa famille déménage
à Nashville (Tennessee). où il passera son enfance. Adolescent
solitaire, Harmony fréquente les cinémas d’art et essais et
voit des classiques de Cassavetes, Herzog, Godard, Fassbinder et
Alan Clarke. A 18 ans, il part à New York pour vivre chez sa
grand-mère. Il étudie l’Anglais à la New York University
durant un semestre avant d’abandonner pour tenter de poursuivre
une carrière de skateur professionnel. Il est en train de faire
du skate avec des amis dans le Washington Square Park quand il
attire l’œil du photographe Larry Clark. Harmony montre alors
à Larry Clark un scénario qu’il a écrit à propos d’un
adolescent que son père emmène chez une prostituée. Impressionné
le photographe lui propose de rédiger un script sur sa vie de
tous les jours. En trois semaines, Harmony écrit Kids, un
film qui suit 24 heures de la vie de plusieurs adolescents de
Manhattan avec sexualité précoce et prises de drogues. Kids
est réalisé par Larry Clark avec les acteurs Leo Fitzpatrick,
Justine Pierce et Chloé Sevigny (alors petite amie de Harmony
Korine). Au moment dela sortie du film en 1995, des critiques le
qualifient de brillant appel à un réveil de l’Amérique alors
que d'autres le considère comme un honteux travail
d’exploitation d’adolescents.
Harmony
Korine fait à nouveau sensation avec son passage à la réalisation
en 1997. Gummo
conte l’histoire de deux amis qui grandissent dans une ville
reculée de l’Ohio qui a été touchée par une tornade
destructrice une dizaine d’années plus tôt. De nombreux
critiques ont alors dit que l’utilisation de la vidéo portée
à la main, du Super 8 et des Polaroids touchait au génie. Werner
Herzog et Bernardo Bertolucci contactent même Harmony Korine pour
lui dire leur admiration après avoir vu le film. Une autre partie
de la presse trouve Gummo ennuyeux, absurde et
manipulateur. Janet Maslin, chroniqueuse au New York Times, va
jusqu’à présenter Gummo comme étant le pire film de
l’année en dépit du fait qu'il ait été récompensé par
plusieurs prix notamment aux festivals de Venise et de Rotterdam.
Après
la sortie de Gummo, Sonic Youth contacte Korine pour
qu’il realise un clip video pour leur chanson Sunday. Le
réalisateur insiste pour que Macaulay Culkin et Rachel Miner (qui
est alors la femme de Macaulay) figurent dans la vidéo. Korine
transforme l’expérience en un livre, The
Bad Son, constitué de photographies retravaillées prises
durant le tournage du clip. La publication sert aussi
d’accompagnement à l’exposition d’Harmony Korine organisée
à la Taka Ishii Gallery à Tokyo.
A peine un an plus tard, Harmony révulse encore un peu plus la
critique avec The Diary of Anne Frank (Part Two), un
travail expérimental basé sur trois écrans qui diffusent
alternativement des images dérangeantes comme un handicapé dans
une couche souillée et l’immolation d’un cadavre de chien.
Après avoir fini l’écriture de son premier roman, A Crackup
at the Race Riots, Korine commence un projet intitulé Fight
Harm, un film au style documentaire suivant Harmony qui
provoque des gens dans les rues jusqu’à ce que ces derniers le
frappent. Le réalisateur, qui a souvent dit qu’il était prêt
à mourir pour le cinéma, espérait faire un mélange entre
Buster Keaton et un snuff movie. Malheureusement, après "seulement"
six combats, Harmony Korine a été hospitalisé et contraint
d’abandonner le projet...
En
1999, Harmony Korine s’inspire de son oncle, un schizophrène
paranoïaque, pour son nouveau long métrage, Julien Donkey-Boy.
Un mois avant que le film n’entre en production, le réalisateur
danois Thomas Vinterberg suggère à Korine de lancer une Nouvelle
Vague Américaine et de rejoindre le Dogme 95. Julien
Donkey-Boy est filmé dans le respect des règles du manifeste
du Dogme (ordre chronologique, caméra portée, lumière
naturelle). Le film réunit à l’écran Ewen Bremner, Werner
Herzog, Chloé Sevigny et même la grand-mère d’Harmony, Joyce
Korine. Comme pour ses premiers films, le projet fut autant salué
que conspué, ouvrant la voie pour la réunion très attendue
(mais tumultueuse) de Larry Clark et Harmony pour Ken Park.
Thomas Van
Hoecke, www.harmonykorine.fr.fm
bientôt >
biographie mise à jour.
|